
Des murs autorisés à la pratique du Graffiti :
Suite à un débat organisé entre jeunes rennais, graffeurs, élus et services de la ville lors du Forum des Initiatives organisé à l’occasion des Rendez Vous Jeunes Dans La Ville en octobre 2002, la Ville de Rennes a décidé de mettre en place un dispositif permettant aux graffeurs de pratiquer leur activité en toute légalité. La gestion de ce dispositif a été attribuée au CRIJ Bretagne (association loi 1901) en partenariat avec la Mission Jeunesse de la Ville de Rennes.
Il existe donc à Rennes un dispositif légal permettant aux graffeurs de l’agglomération rennaise d’avoir accès à une quarantaine de murs réservés à la pratique du graff et libres d’accès après une simple formalité d’inscription auprès du CRIJ Bretagne. Cette liste est en perpétuel mouvement puisque la Ville de Rennes et le CRIJ Bretagne, en lien avec les pratiquants, les équipements de quartiers et les services de la ville (propreté, sports, etc.) poursuivent la recherche d’autres murs à autoriser. D’autre part, les graffeurs rennais ont la possibilité de déposer des demandes d’autorisation de murs tout au long de l’année grâce à un document disponible au CRIJ Bretagne et sur le site internet dédié au dispositif (www.crij-bretagne.com/graff). (Pour information, il y avait huit murs autorisés en octobre 2002, il y en a environ 40 à ce jour). Ce dispositif offre ainsi des murs d’entraînement et des murs dits "destinés à la réalisation de fresques artistiques".
Ces murs ont la particularité de porter un panneau informant la population de la reconnaissance par la Ville de Rennes de la pratique graffiti et de l’autorisation de peindre sur ceux-ci.
Un soutien aux événementiels et animations graffiti :
Des panneaux en bois, pour l’organisation d’événementiels ou d’initiations, sont également mis gratuitement à la disposition des associations, établissements scolaires, maisons de quartiers, MJC et autres structures d’animation ou d’accueil de jeunes...
A terme, il est également prévu de réaliser un événementiel régulier (une fois par an) spécifique au graffiti avec pour base une jam, mais également des rencontres entre les graffeurs, les différentes institutions citées dans cette page et la population rennaise sous forme de conférences-débats réalisées sous des formes les plus conviviales possibles. Il est a noté malgré tout que le graff n’est pas orphelin d’une Jam à Rennes puisque, depuis 1994, le CRIJ Bretagne organise un jam (250m² de panneaux) dans le cadre du festival Quartiers d’Eté qui aura lieu cette année les 15, 16 et 17 juillet au parc des Gayeulles à Rennes (22000 personnes accueillis sur trois jours en 2007 pour des concerts, des animations et la fameuse Jam... Accès gratuit)
Une participation des acteurs aux politiques publiques concernant leur pratique :
Au cours de ces six années de fonctionnement, ce dispositif s’est transformé peu à peu en soutien à la reconnaissance du graffiti comme pratique artistique à part entière et a permis d’impliquer les pratiquants aux prises de décisions en matière de politiques publiques sur ces questions.
Ce dispositif offre ainsi la possibilité aux graffeurs de s’exprimer directement auprès des institutions, puisque des réunions régulières (environ une par semestre) sont organisées entre les graffeurs, la Ville de Rennes par l’intermédiaire de sa Mission Jeunesse (et parfois d’élus) et le CRIJ Bretagne en tant qu’opérateur du dispositif, afin de discuter des problèmes rencontrés par les graffeurs rennais, de leurs besoins et de l’évolution qu’il est possible de donner ensemble à cette pratique. D’autre part, des rencontres régulières ont également lieu entre les différents opérateurs institutionnels du dispositif, la Police nationale, les services de la ville concernés (propreté publique, police municipale, etc.), les élus et le CRIJ notamment. Il est prévu d’associer les graffeurs rennais à certaines de ces rencontres dans un futur proche.
Par ailleurs, il est à signaler que grâce à ce dispositif, le Graffiti a fait son entrée dans les murs de l’Hôtel de Ville par l’intermédiaire d’une exposition de photos de "graffs légaux" réalisés dans la ville (1500 visiteurs sur trois jours), dans le budget de la Ville puisque le CRIJ reçoit une petite subvention pour la gestion des relations avec les graffeurs rennais qui ont bien voulu s’inscrire dans le dispositif et que la Ville de Rennes et Rennes Métropole sont des clients réguliers des artistes et associations graffiti par l’intermédiaire de commandes publiques.
Le Graffiti a également eu les honneurs de la Une du journal municipal d’information : Le Rennais.
Enfin, cette pratique semble prendre sa place dans les têtes et être reconnu en dehors de la pratique du tag, puisque depuis le lancement de ce dispositif, le graffiti a entamé une nette amélioration de son image auprès de la population rennaise, et notamment auprès des commerçants des quartiers qui sont de plus en plus demandeurs, mais également des élus et des directions et conseils de quartiers rennais... Par conséquent, si ce dispositif ne règle pas forcément la question des tags, il permet en pratique de réduire considérablement les tensions au sein de la population sur cette question. D’autres villes se sont inspirées de ce dispositif et notamment Nantes qui a créé en décembre dernier le "plan graff".
Infos pratiques : les inscriptions, demandes d’autorisation de murs, demandes d’information se font auprès du CRIJ Bretagne.
www.crij-bretagne.com/graff
CRIJ Bretagne - Le 4bis, cours des Alliés – 35000 Rennes – 02 99 31 57 67 – graff@crij-bretagne.com